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09.05.2008
NAPOLEON III ET EUGENIE -SUITE-
ARTICLE DE ANDRE CASTELOT PARU DANS LE N° SPECIAL 37 DE LA REVUE HISTORIA.
«Quelle est cette belle personne ? demande-t-il à la maîtresse de maison.
- Une jeune espagnole, Mlle de MONTIJO
- Voulez-vous me la présenter ?»
Mathilde, qui croit fournir là une maîtresse à son cousin, s’empresse d’obéir. Mieux, elle a invité les MONTIJO à dîner, le 31 décembre 1849, et a placé Eugénie aux côtés du futur Empereur. Les douze coups annonçant l’année nouvelle sonnent. Mathilde crie : « Minuit ! Tout le monde s’embrasse ! »
Aussitôt le prince se précipite et veut embrasser sa voisine, mais la jeune fille se dégage en souriant :
«Mais, fait Napoléon, je voulais vous souhaiter une bonne année et vous embrasser, c’est l’usage en France !
- Ce n’est pas l’usage en Espagne, monseigneur, répond-elle en faisant une profonde révérence, mais je vous souhaite aussi une heureuse année.»
Et elle lui donne une poignée de main sans cesser de rire ; ainsi qu’elle le confiera à une amie : «Je ne suis pas née pour l’emploi des LA VALLIERE.» Napoléon a compris. Cependant, après avoir revu à plusieurs reprises «les dames MONTIJO», il se lance à nouveau et invite Eugénie et sa mère à dîner à SAINT-CLOUD. Arrivées au château, elles apprennent que le dîner doit avoir lieu dans le parc, au pavillon de COMBLEVAL. Une voiture les y conduit et là elles comprennent : le Prince-Président est seul avec son chambellan, le comte BACCIOCHI. Après le dîner qui s’est passé gaiement, Napoléon propose une promenade dans le parc et offre son bras à Eugénie qui dit en rougissant : «Monseigneur, ma mère est là.» Force est au prince de conduire Mme de MONTIJO, tandis que la jeune fille prend le bras du chambellan. «Je ne crois pas, racontera plus tard Eugénie, que mon futur mari se soit beaucoup amusé ce soir-là. Le lendemain de cette escapade, ma sœur nous gronda très fort. Il fut décidé que, pour faire oublier notre imprudence, on ferait un voyage.» Lorsqu’Eugénie revint à Paris, le Prince-Président avait fait son coup d’Etat. L’Empire est en marche. Dès que Louis-Napoléon revoit Eugénie, «ses mains tremblent, remarque un témoin, il a une façon de tordre sa moustache à laquelle ceux qui le connaissent ne se trompent pas.» Amoureux fou, il invite Eugénie et sa mère à se rendre à FONTAINEBLEAU. C’est là qu’il ose parler, qu’il ose déclarer son amour… mais il ne parle pas encore de mariage. Eugénie affecte de prendre la chose en plaisantant. Elle fait allusion à miss HOWARD. N’est-elle pas aimée de lui ? Napoléon se récrie. Sa «chaîne anglaise» n’est plus qu’une habitude. Etait-ce le rôle de maîtresse qu’il lui propose ? On raconte qu’en la voyant un matin à la fenêtre de sa chambre, il lui demanda quel chemin il fallait prendre pour pouvoir aller la retrouver. «Passez par la chapelle, Monseigneur.»
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08:40 Publié dans RENCONTRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour;rencontre;sentiments;solitude;



