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03.05.2008

RENCONTRE ENTRE NAPOLEON III ET EUGENIE DE MONTIJO

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ARTICLE DE ANDRE CASTELOT PARU DANS LE N° SPECIAL 37 DE LA REVUE HISTORIA.

L’histoire commence à la manière d’un conte de fées.
Il était donc une fois une ravissante jeune fille. Elle était espagnole, s’appelait Eugénie de Guzman, comtesse de TEBA, et sa mère, «une grosse femme exubérante», cherchait à la marier. Nulle voyante n’avait prédit à l’héroïne «vous serez un jour plus que reine». Simplement –et ce n’est déjà pas si mal– un jour qu’elle descendait un escalier par la rampe, étant petite fille, elle était tombée assez rudement et une vieille femme l’avait relevée, puis avait regardé les lignes de sa main : «Tu iras très haut, lui avait-elle dit, tu vivras cent ans et tu finiras dans la nuit.» Elle voulait en effet monter très haut. Elle était de très noble famille –bien que le père de sa mère fût négociant en fruits à MALAGA-. Mais le comte de MONTIJO portait une dizaine de titres ronflants et se trouvait plusieurs fois grand d’Espagne. Et puis, elle était si belle, son teint rose thé était si pur, ses yeux si bleus, ses cheveux d’or à reflets roux doré si attirants, sa taille si mince et si souple qu’elle pouvait prétendre à une aussi noble union que sa sœur, devenue duchesse d’ALBE.

Elle avait espéré épouser quelque grand d’Espagne mais tous se dérobèrent. Un ami d’enfance, Edouard DELESSERT –le futur romancier– s’était déclaré, mais c’était là un trop mince parti… Et depuis, Eugénie et sa mère cherchaient. Mais cette chasse au beau parti avait donné à Eugénie la réputation de fille un peu trop recherchée, un peu trop admirée, un peu trop courtisée. La mère et la fille se retrouvèrent à Paris, place Vendôme, dans un petit appartement. Suivant la mode, elles allèrent passer la fin de l’été à Versailles. Un jour, Eugénie se rendit à cheval au camp de SATORY où le Prince-Président – le futur Empereur – devait passer une revue. Elle montait fort bien, trop bien même pour une jeune fille, disaient certaines dames à l’esprit «ancien régime». Pour la première fois, Eugénie aperçoit celui qui va devenir son époux. Il caracole en uniforme de général, à la tête de son état-major. Et lui, a-t-il remarqué la belle amazone ? Il aime les femmes et s’enflamme facilement. Cependant, c’est à une soirée chez sa cousine, la princesse Mathilde, qu’il croise la jeune fille. Il est aussitôt ébloui.

A bientôt...